La participation des jeunes est essentielle à une démocratie saine

Author: Marc Mayrand, Chief Electoral Officer of Canada.
Image: Graham F. Scott

Le 2 mai 2011, les Canadiens ont pris part à la 41e élection fédérale depuis la Confédération. À la fermeture des bureaux de scrutin ce soir-là, plus de 14,8 millions de Canadiens avaient voté, soit 61,1 % des électeurs inscrits. En revanche, le taux de participation des jeunes Canadiens était beaucoup plus bas : à peine 38,8 % des Canadiens de 18 à 24 ans et 45,1 % des 25 à 34 ans avaient voté. Toutefois, cette situation pourrait être différente. Si nous parvenons à aplanir les obstacles qui empêchent les jeunes Canadiens de voter, la tendance peut être renversée. Un tel changement exigera la participation de nombreux intervenants clés, y compris celle des jeunes. Mais, cela en vaudra-t-il la peine? Étant donné que la santé d’une démocratie dépend de la participation active de ses citoyens, je crois que la réponse est oui!

Une étude commandée par Élections Canada à la suite de l’élection a permis de mieux comprendre les raisons pour lesquelles les jeunes sont moins politiquement engagés. L’Enquête nationale auprès des jeunes à laquelle ont participé 2 665 jeunes adultes de 18 à 34 ans expose en détail les obstacles auxquels ils se sont heurtés sur le plan de la motivation et de l’accès. La plupart des répondants qui n’ont pas voté ont invoqué des problèmes d’accès : ils étaient trop occupés, ne pouvaient pas se rendre au bureau de scrutin ou ignoraient où celui-ci se trouvait. Toutefois, en creusant un peu la question, l’étude révèle que, dans la majorité des cas, les problèmes de motivation surpassaient les problèmes d’accès.

Donc, comment cette étude explique-t-elle le manque de motivation des jeunes? Bon nombre des non-votants interrogés estimaient ne pas avoir les connaissances suffisantes pour voter, notamment à propos des candidats, des partis politiques et de leurs plateformes. En général, la politique les intéresse moins, et ils sont moins enclins à considérer le vote comme un devoir civique. Ils sont plus portés à penser que tous les partis politiques se ressemblent et qu’aucun d’entre eux ne parle des enjeux qui importent aux jeunes.

Qu’en est-il alors des répondants qui ont voté? Ceux qui s’intéressent à la politique et qui possèdent des connaissances à ce sujet étaient beaucoup plus susceptibles de voter, tout comme ceux qui avaient discuté de politique avec leurs amis et leur famille et, facteur important, ceux qui avaient été contactés directement par un parti ou un candidat pendant l’élection.

Ces résultats soulignent l’importance de l’éducation civique (tant à l’école qu’à la maison) pour développer les connaissances, les compétences et les intérêts à l’égard de la politique encourageant la participation électorale. Ils réaffirment aussi le rôle crucial de mobilisation que peuvent jouer les partis politiques et les candidats auprès des jeunes Canadiens.

En fonction de cette recherche, comment les groupes étudiants et les étudiants eux-mêmes peuvent-ils aider à aplanir les obstacles motivationnels?

Bien qu’il n’y ait pas de solution miracle, voici quelques mesures simples que vous pouvez prendre individuellement ou collectivement dans vos associations ou groupes étudiants sur le campus, pendant et entre les élections.

Encourager les étudiants à s’informer et leur donner les outils pour le faire

Le manque de connaissances en politique est l’un des principaux obstacles motivationnels. Dans l’enquête, 90 % des jeunes qui ont répondu correctement à trois questions simples sur la politique ont déclaré avoir voté, par rapport à 24 % de ceux qui n’ont pas pu donner de bonne réponse. Le niveau de connaissances est directement lié à la motivation à participer. Les associations et les groupes étudiants sur le campus peuvent informer les étudiants sur la manière de consulter les programmes des partis, en les orientant vers des ressources pédagogiques sur le Web et en collaborant avec des groupes de jeunes et des organismes communautaires pour organiser des séances d’information sur la politique.

Inviter les partis et les candidats à rencontrer les étudiants et à s’exprimer sur le campus

L’enquête révèle que 83 % des personnes contactées directement par un parti ou un candidat ont déclaré avoir voté, par opposition à 68 % de celles qui n’ont pas eu de contacts directs. Inviter des partis et des candidats sur le campus peut faciliter ce genre de rencontres et aider à informer les étudiants au sujet des élections. Cela permet aussi aux partis et aux candidats de s’adresser aux jeunes, de parler des enjeux qui leur importent et de veiller à ce que leurs opinions soient entendues.

Organiser des simulations et des débats politiques

Les simulations parlementaires et les débats politiques sont une excellente manière de s’instruire sur la politique. Ils créent une effervescence sur le campus qui peut attirer ceux qui sont peut-être moins engagés. Ces activités peuvent avoir lieu en tout temps, pas seulement en période électorale.

Parler de politique avec des amis, même ceux avec lesquels vous n’avez pas habituellement ce sujet de conversation

Les personnes qui parlent de politique ont plus tendance à voter; cela est vrai à tout âge. L’enquête montre que 78 % de ceux qui en ont discuté avec leurs amis ont voté, en comparaison de 53 % de ceux qui n’en ont pas discuté. Parler de politique, tout en respectant les divergences d’opinions, est un élément clé de l’engagement démocratique.

Fournir de l’information à propos du vote sur le campus

Les obstacles d’accès restent importants, surtout quand il s’agit de la connaissance du processus électoral. Les recherches montrent que la plupart des jeunes ignoraient qu’ils pouvaient voter un autre jour que celui de l’élection. On peut régler cette situation en les informant mieux sur où, quand et comment voter. Élections Canada produit un grand nombre de documents électroniques et imprimés qui peuvent aider à diffuser l’information. Nous pouvons aussi travailler avec vous en période électorale pour distribuer du matériel dans votre école et établir des kiosques sur le campus dotés du personnel qui informera les intéressés.

La démocratie canadienne appartient à tous les Canadiens, qu’ils soient jeunes ou plus âgés, et nous pouvons tous contribuer à la soutenir.

Les étudiants et les associations étudiantes ont un rôle crucial à jouer dans ce processus, tout comme les parents, les enseignants, les politiciens, les médias, les organismes électoraux et les organisations de jeunes.

Vous êtes l’avenir. Exprimez-vous. Renversez la tendance.

Marc Mayrand, le directeur général des élections du Canada, et ses employés liront vos commentaires avec grand intérêt.

 

 

 

 

 

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