Une lettre ouverte sur l’amélioration de vies des peuples autochtones du Canada

Une lettre ouverte sur l’amélioration de vies des peuples autochtones du Canada

Depuis quelques semaines, les immenses défis de la population autochtone du Canada ont attiré de l’attention depuis longtemps méritée par l’état d’urgence décrété par Première nation d’Attawapiskat. Plusieurs communautés autochtones du Canada similaires à l’Attawapiskat ont étés soumises à un manque chronique de financement. En tant qu’organisation qui représente plus de 320 000 étudiants, nous ne pouvons ignorer ce problème croissant dans le pays. Des investissements de temps et de ressources de tous les partis sont requis. Il n’y a pas de temps à perdre à chercher un bouc émissaire.

Les peuples autochtones sont la population avec la plus forte croissance au Canada. Le pays doit préparer et mettre en œuvre un plan à long terme pour adresser les inégalités face à de nombreuses communautés autochtones.

La qualité de l’éducation est en fort besoin d’investissement et pourra servir de solution holistique. Le gouvernement a la responsabilité de s’assurer que l’éducation de qualité du niveau primaire au niveau postsecondaire soit accessible de façon égale. Seulement 3% des Indiens inscrits sont diplômées d’un baccalauréat, comparativement à 6% des Premières nations, des Métis et des Inuits, et 18% de la population canadienne totale. Il est clair que les approches du statu quo n’ont pas réussi à briser cette réalité cyclique et dévastatrice.

La situation peut avoir plusieurs causes. À la base se trouve une tradition de barrières jadis conçues pour encourager l’assimilation culturelle. En plus du traitement odieux auquel de nombreuses Premières nations, Métis et Inuits ont fait face dans les pensionnats indiens, la Loi sur les Indiens interdisait à ceux et celles qui ont le statut officiel d’Indien de bénéficier d’éducation postsecondaire à moins qu’ils n’aient renoncé à leur statut juridique, leurs droits, et identité telle que décrite par la Loi sur les Indiens. Ce fut le cas jusqu’en 1951.

Les communautés des Premières nations, des Métis et des Inuits font face à de nombreux obstacles sociaux. Les faibles taux de diplomation scolaire et de niveaux variables de préparation postsecondaire parmi les diplômés limitent particulièrement leurs options. Ces résultats sont le produit d’investissements et de soutien gouvernementaux inadéquats de l’enseignement primaire et secondaire des réserves. Cela est en partie le résultat de conflits juridictionnels entre les gouvernements fédéral et provinciaux.

Le rapport du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones du 7 décembre 2011  intitulé « La réforme de l’éducation chez les Premières nations : de la crise à l’espoir»  offre une analyse similaire :

L’évaluation ministérielle reconnaît que la responsabilité des Premières nations en matière d’éducation a été restreinte et que faute de capacités et de ressources appropriées, de nombreuses collectivités ne sont pas en mesure de maximiser l’incidence que la prise en charge de leur éducation par les Premières nations peut avoir dans un domaine aussi fondamental que l’éducation des enfants.[1] »

Les institutions postsecondaires ne sont pas perçues comme accueillantes par les communautés des Premières nations, Métis et Inuits. Historiquement, ces institutions n’ont pas accommodé les expériences et les modes d’apprentissage des Autochtones dans le cadre des cours et des programmes éducatifs. Cela, combiné au manque d’exemples à succès, résulte en des institutions qui ne peuvent réussir à démontrer des programmes d’accommodation cohérents et durables.  Heureusement, les préconceptions sur l’éducation postsecondaire évoluent à mesure que les universités fournissent des programmes et services de soutien qui prennent en compte les réalités culturelles.[2]

Les barrières culturelles, sociales et historiques et les investissements insuffisants en éducation portent les étudiants potentiels à croire que l’éducation postsecondaire n’est pas une option pour eux.

L’impératif moral de fournir un plus grand soutien aux Premières nations, Métis et Inuits est évident et la proposition financière est toute aussi convaincante. Selon le Centre pour l’étude des niveaux de vie, l’effet d’une amélioration des résultats scolaires et du marché de travail pour les peuples autochtones à une échelle similaire à celle des Canadiens non autochtones en 2001 appuierait les améliorations financières suivantes au Canada d’ici 2026 [3]:

• Une augmentation des revenus des Autochtones de 36,5 milliards de dollars par an (401 milliards de dollars cumulativement),

• Une augmentation des revenus imposables de 3,5 milliards de dollars par année (39 milliards de dollars cumulativement), et

• Une réduction des dépenses publiques de 14,2 milliards de dollars (77 milliards de dollars cumulativement).

La situation d’Attawapiskat met l’attention sur une question plus large et plus fondamentale : le manque d’un plan à long-terme pour les peuples autochtones.

L’Alliance canadienne des associations étudiantes croit que le gouvernement doit dès aujourd’hui montrer le leadership nécessaire pour travailler avec les autres partis politiques et chefs des communautés autochtones pour développer et s’engager à un plan à long terme qui saura adresser les inégalités auxquelles les peuples autochtones font face. Le Canada ne peut plus offrir des solutions partielles et réactionnaires. Dans les mots du Chef national des Assemblée des Premières Nations Shawn A-in-chut Atleo, « Il faut agir maintenant. Nous devons capitaliser sur le mouvement et le consensus grandissants d’un besoin de réforme. » [4] La capacité de réaliser ceci reste dans les mains des gens auxquels nous nous adressons.


Zachary Dayler, Directeur nationale
Alliance canadienne des associations étudiantes

cc: Le très honorable Stephen Harper, Premier Ministre du Canada
L’hon. John Duncan, Ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien
Nycole Turmel, chef du Nouveau Parti démocratique (par intérim);
L’hon. Bob Rae, Chef du Parti libéral du Canada;
Vivian Barbot, Présidente par intérim du Bloc Québécois ;
Elizabeth May, Chef du Parti vert du Canada

L’Alliance canadienne des associations étudiantes (ACAE) est un organisme étudiant national non partisan, sans but lucratif, composé de 27 associations étudiantes représentant plus de 320 000 étudiants de tout le pays.

Acadia Students’ Union / Alma Mater Society of the University of British Columbia Vancouver / University of British Columbia Graduate Student Society / Brock University Students’ Union / Dalhousie Student Union / University of the Fraser Valley Students Union Society / University of Prince Edward Island Student Union / Red River College Student Association / Saint Mary’s University Student Association / Southern Alberta Institute of Technology Student Association / St. Francis Xavier University Students’ Union / St. Thomas University Students’ Union / McMaster Student Union / Student Association of Mount Royal University / UNB Fredericton Students’ Union / UNB Saint John Students’ Representative Council / University of Alberta Students’ Union / University of Calgary Students’ Union / University of Lethbridge Students’ Union / La Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton / University of Waterloo Federation of Students / University of Western Ontario Student Council / Wilfred Laurier University Students Union / Graduate Student Association – University of Waterloo / Mount Allison Students’ Administrative Council  / Athabasca University Graduate Student Association / Kwantlen Student Association 


[1] Comité sénatorial permanent des peuples autochtones. La réforme de l’éducation chez les Premières nations : de la crise à l’espoir.  Décembre 2011. www.parl.gc.ca/Content/SEN/Committee?411/appa/rep/rep03dec11-e.pdf

[2] http://www.aucc.ca/wp-content/uploads/2010/06/aboriginal-directory-repertoire-autochtone-2010.pdf

[3] The Effect of Increasing Aboriginal Educational Attainment on the Labour Force, Output and the Fiscal Balance, Centre for the Study of Living Standards, May 2009, pg. v.

[4] Chef national des Assemblée des Premieres Nations Shawn A-in-chut Atleo. Assembly of First Nations Welcomes the Standing Senate Committee on Aboriginal Peoples Report on First Nations Education as Transformative and Progressive. December 8, 2011. http://www.newswire.ca/en/story/892323/assembly-of-first-nations-welcomes-the-standing-senate-committee-on-aboriginal-peoples-report-on-first-nations-education-as-transformative-and-progres »

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